Lundi 13 juin 2011 Santiago – Sobrado dos Monxes
Lundi 13 juin 2011 Santiago – Sobrado dos Monses
Crachin et pluie
Je rends une dernière visite à la cathédrale. Je photographie le pilier de Maestro Mateo ; juste au dessus de sa tête, les doigts posés sur la colonne par des générations de pèlerins ont creusé la pierre pour en laisser les empreintes. La porte sainte, n’est ouverte que les années jacquaires, lorsque la saint Jacques tombe un dimanche (2010 fut la plus récente), elle relate en 6 panneaux de bronze la vie saint Jacques. À côté, une satue de équestre de saint Jacques matamore, en train de pourfendre un Maure, un autre aspect plus récent de ce saint. Adieu Saint Jacques...
Après une excellente nuit au calme, je pars sous "un ciel bas et lourd".
« Il pleut sur la ville
Comme il pleure sur mon cœur ».
Je laisse Santiago et ses souvenirs derrière moi, je repasse devant le Monte el Gozo, le Montjoie, premier lieu d’où l’on voit la cathédrale. Je croise la longue procession des pèlerins encapuchonnés parcourant de "leurs semelles de vent", leurs derniers kilomètres.
La Galice est bien semblable à la Bretagne avec ce crachin et cette pluie fine qui transperce les vêtements. Mais comme dit le proverbe breton (évidemment !) :
« si tu écoutes la météo,
tu restes au bistrot ! », il n’y a pas de vent et il ne fait pas froid, c’est donc le bonheur.
A Arzua, je tourne à gauche vers le Camino del Norde et je me retrouve sur une petite route seul, sans voiture ni pèlerin. Fini l’autoroute du Camino Francès, voici le chemin vicinal des autres itinéraires. Sous le soleil ce serait magnifique ; la route serpente dans la forêt, le paysage est doucement vallonné.
A midi et demi je suis arrivé à Sobrado dos Monxes. A Fisterra, un pèlerin m’a parlé de ce lieu et de son monastère. Je suis le premier et je m’installe tranquillement, et fais une bonne sieste. J’ai de la chance car le monastère ferme à 13h00 pour ne rouvrir qu’à 16h00, heure à laquelle tous les autres pèlerins arrivent accompagnés par un moine hospitalier.
Ce monastère cistercien est étonnant par ses dimensions grandioses. On y croise toutes les écoles architecturales du roman au baroque. Il est en reconstruction depuis 1957. La salle du chapitre du XIIIème S a été refaite à l’identique récemment, il en est de même des cuisines. Mais il reste encore beaucoup à faire, la végétation envahit les tours.